Tout comme les autres religions, les juifs ont leurs codes et leurs coutumes propres concernant les pierres tombales.

Traditionnellement, les juifs sont enterrés dans un cercueil non-scellé – afin que leur corps redevienne poussières – et enterré le plus rapidement possible. En France, les cercueils sont obligatoirement scellés et inhumés au moins 24 heures après la survenu du décès.

En hébreu, la pierre tombale se dit matzevah.
Cette dernière est conçue différemment en fonction des courants judaïques.

Les Ashkénazes eux n’ont traditionnellement seulement qu’une stèle (la partie verticale d’une pierre tombale destinée à recevoir les ornements) sur laquelle est inscrit le nom français et hébreu du défunt ainsi que le nom du père.

Sur ces pierres sont généralement gravées en plus une ou plusieurs étoiles de David ainsi qu’un épitaphe plus ou moins long.

Les pierres tombales récentes sont en marbre mais les plus anciennes étaient en pierre et se situent toujours côte à côte.

Dans certaines communautés, il existe, au sein du cimetière, un espace réservé aux hommes et un aux femmes ou bien un espace réservé pour chaque communauté.

En France, il existe des cimetières israélites ou, à défaut, un « carré » prévu pour les juifs de la commune.
Les concessions juives sont forcément des concessions perpétuelles car l’exhumation est interdite par la Torah. Cela peut poser certains problèmes notamment le manque de place dans ces cimetières ou carrés.

On rappelle que la crémation est également une pratique interdite par la Torah, seul l’inhumation est permise.

Marbrerie israélite

Historique et généralité

À l’origine, en Israël, lorsqu’un juif décédait, on l’enveloppait dans un linceul et on le plaçait dans une grotte durant une année. Ensuite on regroupait les ossements que l’on mettait dans un petit cercueil en pierre disposé dans un coin de la grotte.

Plus tard, les corps était inhumé à même la terre dans un simple linceul, ce qui est toujours le cas en Israël.

Les juifs inhumés en Europe sont enterrés dans un cercueil car la loi l’oblige depuis le 18ème siècle.

Il faut savoir qu’il existe de nombreuses coutumes variant d’une région ou d’une communauté à l’autre.

Dans les cimetières, les tombes juives sont alignées en rangs à près de 50 centimètres l’une de l’autre. Lors de manque de place, il est possible que ces tombes soient rapprochées et même de les superposer.

La marbrerie funéraire ashkénazes

ashkenazeLes ashkénazes sont les juifs d’Europe centrale et orientale. Ils parlent le Yiddish et ont des coutumes et des traditions qui leurs sont propres.

Chez les ashkénazes, le monument funéraire est simplement composé d’une stèle, la partie verticale d’une tombe. Il n’y a pas de tombale (l’élément horizontal).

Sur cette stèle est indiqué le nom du défunt et son nom complet hébraïque ainsi que celui de son père.

 

La marbrerie funéraire séfarades

sefaradeLes séfarades sont les juifs d’Afrique du nord et d’Asie (à l’origine appelé mizrahim).

Chez les séfarades, le monument funéraire est traditionnellement composé d’une tombale, c’est à dire de la partie horizontale qui recouvre la sépulture.

Sur la tombale est indiqué le nom du défunt, son nom complet hébraïque ainsi que celui de sa mère.

La liste des cimetières israélites à Paris

Un peu d’histoire

Loew_tombstoneAu moyen-âge, il existait de nombreux cimetières juifs notamment en région parisienne. Seulement, après leur expulsion en 1394, ceux-ci furent vendus au roi de France. Jusque dans la fin des années 1770, seuls des petits cimetières juifs étaient construits, essentiellement dans l’Est de la France. On pouvait trouver également en région parisienne des cimetières juifs à Fontainebleau et à Versailles.

C’est dans ces années proches de la révolution française que les juifs ont pu se réinstaller en Île-de-France. Ils étaient alors inhumés au cimetière de la porte Saint-Martin sans bruit, de nuit au même titre que les suicidés ou les condamnés.
Finalement deux cimetières vont être ouverts à La Villette, dans le jardin d’une auberge et à Montrouge dans le jardin d’un propriétaire privé.

C’est au début des années 1800 que ces cimetières furent abandonnés car la mairie de Paris mit à la disposition des juifs de Paris une partie du cimetière du Père Lachaise.

Aujourd’hui

carré-juifÀ Paris, aujourd’hui, il n’existe plus de cimetière exclusivement Israélite.

Plus d’une dizaine de cimetières d’Île de France disposent cependant de carrés juifs.

Voici une liste des cimetières de la région parisienne qui proposent des carrés juifs :

Paris Intramuros Banlieue parisienne
Père Lachaise (20ème) Bagneux
Montparnasse (14ème) Bagnolet
Batignoles (17ème) Saint-Maur-des-Fossés – Cimetière de la Pie
Montmartre (18ème) Melun – Cimetière du Nord
Belleville (20ème) Thiais
Passy (16ème) Versailles – Cimetière des Gonards
La Vilette (19ème) Ivry-sur-Seine
Pantin