Alors qu’une sépulture datant du paléolithique final a été retrouvée dans le Sud de la France une équipe de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) dirigée par Vincent Mourre vient d’en découvrir une seconde ! Ils ont mis la main sur la 1re tombe épigravettienne de plein air en France à Cuges-les-Pins.

Ces deux tombes complètent nos connaissances funéraires des cultures postglaciaires notamment celles des épigravettiens bien moins connus.

Qui sont les épigravettiens ?

La période postglaciaire en France fait référence aux magdaléniens qui sont à l’origine des peintures et des gravures des grottes de Lascaux. Ils sont réputés pour leurs superbes armes en ivoire et en bois de renne sculpté. Plusieurs peuplades préhistoriques sont apparues et ont disparu en Europe à cette même période suite aux changements glaciaires.

À l’origine il y avait les gravettiens, puis sont apparues à l’approche du pic glaciaire vers -18 000 av. JC les cultures solutréennes puis magdaléniennes à l’ouest du Rhône. Les cultures postglaciaires issues des gravettiens ont constitué un ensemble « les épigravettiens dits italiques » car de même lignée. Ils étaient situés dans le sud de l’Europe orientale, en Italie dans la région de gênes et dans le sud-est de la France.

Les épigravettiens sont des chasseurs-cueilleurs du paléolithique apparus entre -20 000 et -10 000 av. JC. Dans la continuité des gravettiens, ils s’illustraient dans l’industrie lithique mais en la miniaturisant. Ils transformaient ainsi toutes sortes d’objets en pierre pour en faire des outils, des armes etc. Ils sont davantage connus pour leur art, leur ocre et leurs sépultures.

Une tombe épigravettienne à Cuges-les-Pins !

La sépulture épigravettienne d’un adulte retrouvée à Cuges-les-Pins est inespérée, elle est la 1re découverte en France. On ignore encore la raison de son décès. Il a été couché sur le dos avec trois coquillages autour de lui (des gastéropodes méditerranéens les mêmes qui furent retrouvés dans les tombes en Italie) et une série de silex taillés. La découverte à l’intérieur de bloques d’ocre permet de confirmer le caractère épigravettien de cette tombe.

Les gravettiens et les épigravettiens italiques étaient très attentifs à leurs morts. Les tombes des tributs épigravettiennes étaient généralement situées dans des grottes ou des abris sous roches. Les archéologues ont découvert des corps d’adultes et d’adolescents des deux sexes et même d’enfants, preuve d’une évolution sociale. On retrouve à l’intérieur de leurs sépultures toutes sortes d’objets funéraires en dur. Les défunts sont parés de perles et l’ocre rouge est souvent utilisée.