La ville de Saint-Quentin en Picardie néglige les sépultures de ses notables inhumés au cimetière Saint-Jean. Tout comme les tombes des particuliers qui se dégradent, celles des bienfaiteurs de la ville tombent dans l’oubli et sont un danger pour le public.

Jacques Landouzy, marbrier Saint-Quentinois témoigne

Jacques Landouzy marbrier Saint-Quentinois regrette ce délabrement et confirme que de petits travaux arrangeraient déjà pour beaucoup ces tombes. Le risque est de voir l’Etat reprendre ces parcelles, en cas de non-renouvellement des concessions par les héritiers. Ces stèles sont les vestiges d’un savoir-faire artisanal ancestral que l’on ne retrouve plus dans les nécropoles actuelles. Jacques Landouzy dénonce le manque d’entretien des sépultures de ces grands hommes, ou femmes qui ont marqué l’histoire de la cité et s’exclame : « C’est la moindre des choses de garder leur sépulture en état, c’est un patrimoine communal !».

Les tombes oubliées du cimetière Saint-Jean

Le cimetière Saint-Jean est le plus vieux des trois cimetières de la ville, il a été créé après la révolution française. Il regorge de tombes abandonnées d’hommes et de femmes qui ont contribué à l’histoire de la ville de Saint-Quentin, des grands noms saint-quentinois du 19ème et du 20ème siècle comme :

-           La famille Baudreuil qui a donné son nom à une rue près des Champs-Élysées. François de Baudreuil fut maire de Saint-Quentin, il entreprit les travaux de démolition des remparts.

-           Le Docteur Cailleret, mort en 1917. Il légua toute sa fortune à la ville, en échange il demanda qu’un lieu municipal soit bâti à la place de son cabinet médical, aujourd’hui le Conservatoire Musical de la rue d’Isle.

-           Henriette Cabot était infirmière et factrice au pénitencier de Saint-Quentin et membre de la résistance de 1939 à 1945. Elle a également donné son nom à une rue.

Leurs chapelles trônent encore, parfois majestueuses mais le plus souvent détériorées par le temps, dans l’enceinte du cimetière.