En Chine, la pression immobilière touche même les cimetières où une place coûte de plus en plus cher. Une réalité qui donne naissance à des cimetières privés.

La Toussaint chinoise, appelée festival de Ching Ming ou balayage des tombes s’est achevée mardi 5 avril sur fond de tensions, faute de place suffisante dans les cimetières.  Le prix des concessions a explosé (voir les prix pratiqués en France). Les cimetières de Pékin ou Shanghai sont pleins à craquer et désormais une concession de 20 ans à Pékin coûte 70.000 yuans, soit 10.000 euros. A Shanghai, le prix a été multiplié par deux en cinq années, si bien que le mètre carré de tombe coûte le double d’un mètre carré à vivre.

La mise en place d’un plan éco responsable…

Dès 2013, les autorités chinoises ont su que 32 des 40 cimetières – soit 80 % – de Shanghai seraient complets en 2016. La situation est semblable à Pékin, la capitale du pays. Les autorités ont dû prendre des mesures d’urgence. Elles contactent toutes les familles dont les concessions sont arrivées à expiration. Dans certains cimetières de la capitale, cela concerne plus de la moitié des tombes.

Depuis février dernier, la Chine a opté pour un plan funéraire « éco-responsable » dans lequel la taille des tombes est réduite de moitié et qui privilégiant les tombes familiales collectives qui permettent l’empilement. De plus, la Chine tente de promouvoir l’incinération avec la création de parterres de fleurs pour y répandre les cendres et même l’organisation de croisières funéraires pour déverser les cendres du défunt en pleine mer.

… mais l’incinération passe mal au pays de l’enterrement

En Chine, où « enterrer est la bonne façon de traiter les morts », l’incinération n’a pas de succès. En effet, moins de 10 % des familles acceptent d’avoir recours à l’incinération pour leurs morts, si bien que le plan mis en place par les autorités est un échec.

Les habitants de Pékins et Shanghai optent pour la banlieue où d’immenses cimetières privés ont ouvert récemment. Une concession y coûte moitié moins cher qu’en ville. Les Chinois ne se rendant au cimetière qu’une fois par an, peu importe que le proche soit enterré à plusieurs dizaines de kilomètres.

Ces nouveaux cimetières privés représentent un des business les plus prospères du pays et sont même côtés en Bourse.