Sans que personne ne le sache, le cimetière de Quierzy-sur-Oise, village situé dans l’aisne, abritait les sépultures de deux artilleurs, tombés lors de la dernière guerre. Morts pour la France le 5 juin 1940, ils appartenaient au 320 ème Régiment d’Artillerie Coloniale Porté. La commune a connu durant la seconde guerre mondiale d’importants combats, notamment au printemps 1940 avant d’être libérée en juin 1944. Ces deux artilleurs étaient connus sous le nom de Marcel Levieil et René Patier. Ils occupaient respectivement la fonction de canonnier et de chef d’escadron. Leurs stèles anonymes en décrépitude n’étaient  surmontées que par deux crucifix, oxydés par le temps et recouvertes de cailloux et poussière. L’histoire semblait alors les avoir oubliés alors que leur courage témoignait de  la résistance de cette commune vaillante. Les promeneurs pouvaient alors marcher en toute ignorance sur les sépultures, dissimulant deux anciens héros de guerre. Un féru d’histoire tente actuellement de restaurer les deux tombes.

Denis vole au secours des deux soldats

A l’initiative de ce projet, Denis Vole, partenaire du «Collectif France 40» et membre de l’Amicale du 18e Régiment des tirailleurs algériens. Effectuant depuis dix ans des recherches sur les combats dans le chaunois, cet historien a recueilli des preuves confirmant la mort des deux hommes. Ils avaient été abattus par l’ennemi dans les Gravières, puis enterrés dans la nécropole de Quierzy. Denis Vole a réussi à obtenir des témoignages attestant la mise en terre communes des deux hommes tués ensemble. En consultant diverses archives et dossiers sur l’armée, l’historien s’est aperçu de l’absence des deux dépouilles dans les cimetières militaires. Denis Vole, épaulé par le Souvenir français, a rapidement fait le rapprochement avec les deux tombes militaires anonymes du cimetière de la commune. Quelques personnes se souvenaient de deux casques les ornant provisoirement.

La restauration en cours des deux tombes

Un projet ambitieux de rénovation des tombes a été amorcé sous l’égide de Denis Vole et du Souvenir français.  En tout état de cause, seront donc prochainement rétablies, la vérité et la considération des deux artilleurs, qui reposeront dans un lieu plus respectueux de leur image. Une autre façon également de commémorer les batailles passées qui ont meurtri ce village picard.